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SURPOIDS

Si vous êtes en surpoids, surveillez votre statut en vitamine D : corriger un éventuel déficit pourrait vous aider à perdre du poids, de la graisse corporelle et améliorer votre santé métabolique.

Pourquoi c’est important

Plusieurs études suggèrent qu’il existe un lien entre l’obésité et le manque de vitamine D : les personnes obèses ou en surpoids ont un statut plus faible en vitamine D même s’il est difficile de dire s’il s’agit d’une cause ou d’une conséquence. Il se pourrait que la vitamine D soit liée à l’obésité par son action sur les adipokines, des molécules sécrétées par le tissu adipeux et impliquées dans de nombreuses fonctions physiologiques comme la régulation de l’appétit, la dépense énergétique, le métabolisme des lipides et du glucose. Lorsque la production des adipokines n’est plus régulée correctement, des troubles métaboliques (résistance à l’insuline, diabète de type 2) peuvent apparaître. Or, l’obésité provoque des modifications du tissu adipeux, une inflammation chronique et s’accompagne souvent de troubles métaboliques.

La présence de récepteurs à la vitamine D dans le tissu adipeux laisse penser à un rôle direct de la vitamine D dans la régulation de l’expression des gènes liés aux adipokines. Ainsi, en plus des stratégies de perte de poids (alimentation saine, activité physique), cibler les adipokines, par une supplémentation en vitamine D si nécessaire, peut constituer une aide intéressante dans la prévention et la gestion des troubles liés à l’obésité.

Dans une étude norvégienne menée sur 1779 participants, des chercheurs ont montré que ceux qui ont l’indice de masse corporelle le plus élevé ont un niveau plus faible de vitamine D. Dans une autre étude, 1200 participants ont été suivis sur une période de 12 ans : ceux qui avaient des niveaux insuffisants en vitamine D avaient un risque plus élevé de devenir obèse dans les années suivantes. Les chercheurs en avaient conclu que le manque de vitamine D précédait l’obésité.

Des chercheurs ont montré que la prise de poids est plus rapide chez les enfants qui ont les taux les plus faibles de vitamine D que chez ceux qui ont les taux les plus élevés. L’accumulation de graisse au niveau abdominal est également plus importante chez les enfants qui manquent de vitamine D.

Chez des personnes en surpoids ou obèses, une supplémentation en vitamine D permet de réduire la graisse corporelle par rapport à un placebo. Et un statut correct en vitamine D permettrait d’améliorer les résultats d’un régime amaigrissant.

Les études menées jusqu’ici ont donné des résultats contradictoires quant à l’effet d’une supplémentation en vitamine D sur les adipokines. Une nouvelle étude parue dans l’European Journal of Nutrition a cherché à éclaircir ce point en analysant les données d’un essai clinique mené sur 65 participants en surpoids ou obèses et présentant un déficit en vitamine D. Les chercheurs avaient évalué l’effet d’une supplémentation en vitamine D à haute dose sur la sensibilité à l’insuline. Dans cette nouvelle analyse, les auteurs ont voulu savoir si la supplémentation en vitamine D pouvait améliorer les concentrations sériques en adipokines (adiponectine, leptine, résistine et adipsine).

Après 16 semaines de supplémentation, les taux de vitamine D sont passés de 31,4 nmol/L à 88,4 nmol/L en moyenne. En parallèle, les concentrations en adiponectine et en leptine ont augmenté significativement dans le groupe ayant reçu la vitamine D. La supplémentation en vitamine D, en corrigeant le déficit en vitamine D, a donc une action bénéfique sur la régulation des adipokines et donc sur le contrôle de l’appétit et la santé métabolique à long terme.

En pratique

Le manque de vitamine D peut nuire à votre santé et influencer le risque de maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, maladies auto-immunes, arthrose…). Le déficit en vitamine D a, semble-t-il, également un impact sur le surpoids ou l’obésité et les conséquences métaboliques. Corriger ce déficit, sans avoir un effet miracle, peut donc aider les personnes en surpoids/obèses à la fois à perdre de la graisse corporelle dans le cadre d’une alimentation saine et à améliorer leur santé métabolique. De plus, la vitamine D en agissant sur les taux de leptine peut permettre de ne pas reprendre de poids après un régime.

Avant toute supplémentation, il faut faire doser votre niveau de vitamine D par un laboratoire d’analyses, en retenant qu’en cas de déficit (moins de 30 ng/mL ou 75 nmol/L), il faut généralement prendre 1000 UI de vitamine D3 par jour pour augmenter son taux sanguin de 10 ng/mL (25 nmol/L), et 2000 UI pour l’augmenter de 20 ng/mL (50 nmol/L). Il est important de souligner que les personnes obèses doivent recevoir 2 à 3 fois plus de vitamine D en complémentation que celles de poids normal.

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HALLAL

Paru dans Le Journal Le Parisien

Seine-et-Marne|Alexandre Arlot|10 janvier 2019,

Saisie par l’association Vigilance halal, la cour administrative d’appel de Paris ordonne à la préfecture de Seine-et-Marne de réexaminer les dérogations accordées à cinq abattoirs pratiquant l’égorgement rituel.

Dans le combat qui oppose les acteurs de l’abattage des animaux selon le rite musulman à ses pourfendeurs, ces derniers viennent de marquer un point. En décembre dernier, la cour administrative d’appel (CAA) de Paris a pris un arrêt que l’association Vigilance Halal accueille comme une « victoire totale ».

« L’abattage (NDLR : sans étourdissement) est suspendu en Seine-et-Marne », s’est félicité le vétérinaire Alain de Peretti, président de Vigilance Halal. C’est aller un peu vite en besogne.

Saisi par cette association, le juge d’appel ordonne à la préfecture de Seine-et-Marne de revoir l’attribution des dérogations accordées à cinq abattoirs* pratiquant actuellement l’égorgement rituel.

L’Etat devra par ailleurs verser 1 500 € à Vigilance Halal. Le ministère de l’Agriculture pourrait se pourvoir en cassation devant le Conseil d’Etat.

L’association a « concentré le tir » sur la Seine-et-Marne

« Les abattages dérogeant à l’obligation d’étourdissement peuvent encore être pratiqués en Seine-et-Marne », rétorque la préfecture. « Conformément à la demande de la cour administrative d’appel, les autorisations d’utilisation de la dérogation […] seront réexaminées avant le 19 février 2019. »

Si cette décision du 18 décembre ne concerne que la Seine-et-Marne, c’est que l’association d’Alain de Peretti a « concentré le tir » sur les abattoirs du département à la suite d’un reportage diffusé en 2012 dans l’émission « Envoyé spécial » (lire encadré).

« Des feuilles volantes manuscrites »

Pour obtenir une dérogation, les abattoirs doivent fournir à la préfecture des registres de commande. Or, dans son arrêt, la CAA décrit ces documents fournis par les établissements mis en cause comme « des feuilles volantes manuscrites » ou « des réponses à des mails, au mieux accompagnées de tableaux ».

Le juge d’appel estime ainsi que « les abattages supposés correspondre à ces commandes ne sauraient suffire à eux seuls à justifier de la mise en place du dispositif », à savoir la dérogation à l’obligation d’étourdissement des animaux.

Vigilance Halal souhaite que cette décision fasse tache d’huile. Injoignable depuis une semaine, Alain de Peretti annonce déjà, par communiqué, « le dépôt de procédures au tribunal administratif pour appliquer dans tous les départements qui possèdent un abattoir halal la jurisprudence obtenue en Seine-et-Marne ».

« On oblige les musulmans à être malhonnêtes »

Tous les responsables des abattoirs seine-et-marnais concernés ont été sollicités. Celui de Meaux a refusé de s’exprimer. Les autres n’ont pas donné suite à nos appels.

Il est vrai que pour ces établissements, dont certains pratiquent ou pratiquaient uniquement l’abattage halal par commodité, perdre leur dérogation représenterait un manque à gagner.

Président de l’Union des associations musulmanes de Seine-et-Marne, Boudjema Hammache redoute que cette décision de justice ne rende la situation encore plus complexe pour les pratiquants.

« Les abattoirs agréés pour l’Aïd ne suffisent déjà plus, soupire-t-il. En Ile-de-France, les habitants de Seine-Saint-Denis et de l’Essonne n’ont pas d’abattoir près de chez eux et viennent donc en Seine-et-Marne. Mais les trois établissements agréés dans le département ne peuvent pas faire face à la demande. »

Selon Boudjema Hammache, ce manque de sites expliquerait les mauvaises conditions d’abattage – « Un sacrificateur égorge 60 agneaux à la minute, un par seconde ! », et par ricochet les registres de commande mal tenus pointés du doigt par la justice.

« Cette décision va encore aggraver le problème. On oblige les gens à être malhonnêtes et à abattre leur agneau chez eux ou dans une ferme clandestine, donc de manière illégale. Ce n’est pas la solution », déplore-t-il.

*Aminecov à Meaux, Sarovi à Jossigny, KB Viandes à Trilbardou, Poulet Beldi à Montereau-Fault-Yonne et Kissi 2 à Chelles. Cité dans l’arrêt, l’abattoir Viandes et volailles des Grands Maisons à Coulommiers a fermé ses portes. Actuellement, neuf établissements bénéficient toujours d’une dérogation en Seine-et-Marne.

CINQ ANS DE PROCÉDURE JUDICIAIRE

Si Vigilance Halal se présente comme une association de « protection de l’animal et du consommateur » engagée contre les « dérives inacceptables de l’industrie alimentaire », sa croisade vise particulièrement le rite musulman. Sur son site, plusieurs témoignages de soutien imprégnés d’islamophobie dénoncent un « envahissement rampant » et somment les familles arabes à partir « si elles ne sont pas contentes ».

Vigilance Halal s’est d’ailleurs créée en 2012, dans la foulée de la polémique sur la viande halal initiée par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle.

La candidate s’appuyait alors sur un reportage diffusé dans l’émission « Envoyé spécial » montrant une scène tournée en caméra cachée rappelant que l’abattoir de Meaux ne pratiquait plus que l’abattage rituel musulman. Comme l’abattage casher, celui-ci s’effectue en égorgeant l’animal encore conscient. Ils font l’objet de dérogations car l’étourdissement des bêtes avant l’abattage est une obligation légale depuis 1964.

En décembre 2013, la préfecture de Seine-et-Marne a rejeté la demande de Vigilance Halal. L’association exigeait le retrait des arrêtés autorisant six abattoirs du département à s’affranchir de l’étourdissement.

En novembre 2016, en première instance, le tribunal administratif de Melun a refusé d’annuler la décision de la préfecture. Vigilance Halal a alors présenté une requête en janvier 2017 devant la cour administrative d’appel de Paris. Qui lui a donc donné raison.